Gira ijambo

Qui prendrait la responsabilité de laisser sombrer le Burundi?!

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Ces deux dernières semaines, la crise politique, sécuritaire et diplomatique consécutive au troisième mandat de Pierre Nkurunziza aux fonctions de Président de la République du Burundi a pris de nouvelles tournures. Deux organisations armées se sont déclarées : le FOREBU (Forces Républicaines du Burundi) dont on était au courant depuis plusieurs semaines et le RED-TABARA (Résistance pour l’État de droit).

  

Ensuite, les « frondeurs » issus du parti CNDD-FDD qui se dénommaient le « CNDD-FDD-Abagumyabanga baryumyeko » ont franchi le Rubicon en créant un parti politique. Enfin, après les actions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine visant la mise sur pied d’une « Mission Africaine pour la Prévention et la Protection au Burundi », MAPROBU et la promotion de négociations inclusives, impliquant l’Opposition représentée par le Conseil pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et l’État de Droit (CNARED), les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies viennent d’effectuer une visite au Burundi pour tenter d’infléchir les positions du pouvoir de Bujumbura. L’objectif était de l’amener à accepter le déploiement de la MAPROBU et s’engager à aller, sans préalables, dans des négociations inclusives intégrant son opposition constituée par le CNARED.

Le Burundi se trouve de nouveau à la croisée des chemins. Il doit faire un choix. Les leaders du pays, ceux au pouvoir comme ceux qui s’opposent à lui, doivent l’opérer rapidement. Ils peuvent emprunter, sincèrement et honnêtement, la voie des négociations inclusives pour résoudre efficacement la crise, fermer et éviter les risques que la situation ne dégénère dans une grave crise humanitaire aux dimensions effarantes, y compris sous une forme génocidaire. Ne pas emprunter cette voie signifierait laisser les portes ouvertes à une guerre civile dont personne n’est sûr d’en maitriser efficacement les dérapages redoutés.

Qu’on ne s’y trompe pas. Sans ces négociations, la guerre civile est aux portes du Burundi. Le pouvoir de Bujumbura le voit et le sait très bien. Il ne peut aucunement rester les bras croisés face à des mouvements armés qui lui déclarent ouvertement la guerre. De leur côté, ces mouvements armés savent à quoi ils se sont engagés. Ils ne se laisseront pas attaquer sans résister. Ceux qui les animent sont des professionnels de la guerre, hier au sein des anciennes Forces Armées Burundaises (FAB) ou au sein des anciennes Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD), mais aussi des anciennes Forces Nationales de Libération (FNL). D’autres (RED-TABARA) paraissent être de nouveaux venus bien qu’ils annoncent que leur création remonte à l’année 2011. Pour la plupart, ils évoluaient ensemble jusque récemment au sein de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDN) et de la Police Nationale du Burundi (PNB). Ils ont donc pris l’option de se battre contre leurs anciens camarades, s’ils ne parviennent pas à les débaucher en grand nombre et les tourner contre le pouvoir actuel de Bujumbura.

Cette évolution de plus en plus perceptible vers la guerre civile est porteuse de plusieurs autres conséquences graves. Comment réagiraient les partis politiques, les confessions religieuses, les syndicats, les médias, les organisations de la société civile, y compris celles des jeunes et des femmes ? Ici aussi, le doute n’est pas permis. Si ce scénario s’impose, des partis politiques et même d’autres de ces forces vives de la nation vont se ranger derrière l’un ou l’autre des belligérants et le soutenir d’une manière ou d’une autre. Vers qui, entre le pouvoir et ces mouvements politiques armés, penchera la balance ? Une évidence est certaine : cette perspective porterait un coup à la concorde nationale, notamment sous l’aspect de la « paix ethnique » qui était devenue une réalité depuis la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.

Au-delà de ces tribulations internes, une telle perspective ne laisserait pas sans réactions les pays voisins. Ce scénario augmenterait le flux de réfugiés vers la Tanzanie, le Rwanda, la République Démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya, la Zambie… D’autres burundais, certes en infime minorité, se dirigeraient vers les pays occidentaux. De plus, un tel scénario ne pourra pas mettre fin aux difficultés multiples auxquelles est confrontée depuis plusieurs années la fragile économie burundaise. Ce qui pourrait s’accompagner d’une incapacité de l’État à remplir ses devoirs, y compris en ce qui concerne le paiement des salaires ainsi que la satisfaction d’autres besoins fondamentaux de la population, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. L’autre risque grave est de voir le Burundi être transformé en un théâtre d’une guerre régionale où s’affronteraient plusieurs forces aux intérêts et alliances multiples dont aucun leader politique burundais ne peut dire qu’il en a la maitrise ! Voilà les sombres horizons vers lesquels ceux qui s’opposent aux négociations globales et inclusives sont en train de conduire le Burundi.

La question est grave. Elle est posée à ceux qui exercent aujourd’hui le pouvoir au Burundi, à ceux qui s’opposent à eux, aux pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), à l’Union Africaine et à l’Organisation des Nations Unies. Dans cet ensemble, ceux qui s’opposent au déploiement de la MAPROBU et l’engagement rapide de négociations globales et inclusives sont largement ... 

boutton cliquer ici pour télécharger le document complet de la réfléxion de Sylvestre Ntibantunganya

 

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