Gira ijambo

Trois conditions pour la réussite de la mission de la "Délégation de Haut Niveau de l'UA au Burundi

ntiba delegation hautniveau

Il existe des pistes que pourraient emprunter les Chefs d’État et de Gouvernement qui, au nom de l’Union Africaine, vont bientôt se rendre à Bujumbura, pour ce que je considère personnellement comme « une mission de la dernière chance ». La visite qu’effectueront bientôt les Présidents d’Afrique du Sud, du Gabon, de Mauritanie et du Sénégal ainsi que le Premier ministre de la République Fédérale d’Ethiopie, mandatés comme « Délégation de Haut niveau » par l’Union Africaine, redressera-t-elle la barre et redorera ainsi le blason d’une Union Africaine vraisemblablement désarmée face à la crise burundaise ?

Le vœu est que cette mission parvienne à infléchir les positions du pouvoir qui jusqu’à présent se complait dans un radicalisme qui, loin s’en faut, ne constitue nullement une réponse à la crise que traverse aujourd’hui le Burundi. Pour y arriver, ces « médiateurs de la dernière chance » devraient obtenir des burundais, particulièrement des protagonistes de la présente crise, ce qui suit :

Une définition objective des partenaires du dialogue/des négociations.

La durée des négociations devra être la plus courte possible

La garantie et la protection de l’accord qui sera conclu

Il y a une semaine, se tenait, à Addis-Abeba, le 26ème Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine. La crise au Burundi y a ravi la vedette par rapport aux autres points inscrits à l’ordre du jour de ce Sommet. Ses conclusions sur cette crise, dans lesquelles plusieurs acteurs burundais, des témoins et des analystes extérieurs vivent et/ou perçoivent des déshumanisations sans nom ; certains allant jusqu’à parler de génocide, ont révélé, si besoin en était encore, sa gravité, non seulement au Burundi, mais aussi au-delà de ses frontières.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union Africaine (UA) -Organisation de l’Unité Africaine (OUA) de 1963 à 2002-, la Commission a été contredite par le Sommet des Chefs d’État. Les noms à la tête de l’opposition au déploiement de la « Mission Africaine pour la Prévention et la Protection au Burundi » (MAPROBU) ont les plus intéressé les médias. Les défenseurs du déploiement sont demeurés dans l’ombre. Aucune voix ne s’est levé pour défendre dans les médias ce projet pourtant porté de bout en bout par la Commission de l’Union Africaine.

 Pourquoi les Chefs d’État et de Gouvernement n’ont-ils pas conclu dans le sens de la Commission et du Conseil de Paix et de Sécurité ? Les centaines de morts, la plupart étant victimes d’exécutions extrajudiciaires opérées par des membres des corps de défense et de sécurité, dont l’API (Appui à la Protection des Institutions), une unité de police intégrée dans la Brigade Spéciale pour la Protection des Institutions, n’alertent-elles pas encore suffisamment leur responsabilité? Les 250.000 burundais qui ont cherché refuge dans les pays voisins et la centaine de journalistes et de leaders de la société civile ainsi que des leaders de l’opposition refugiés dans ces mêmes pays ou en occident ne suffisent-ils pas encore pour peser sur leur conscience ? La naissance désormais assumée de mouvements de résistance armée qui constituent un ingrédient d’une guerre civile devenue une réalité n’a-t-elle pas été suffisamment perçue comme porteuse de risques d’une conflagration plus étendue ? Les propos sournois ou officiellement assumés de responsables de l’État ou du parti au pouvoir (le CNDD-FDD) qui, tout en assurant qu’ « il n’y aura pas de génocide au Burundi », n’en font pas moins le lit, et le discours à relents pseudo-nationalistes et panafricanistes mais combien hostiles à un pays voisin, à la Commission de l’Union Africaine et aux partenaires traditionnels du Burundi ne leur montrent-ils pas suffisamment les dangers d’une répétition de drames    comparables à ceux qui ont frappé la Région à la fin du 20ème siècle ? L’effondrement de l’économie et des finances burundaises et ses effets dévastateurs sur la vie matérielle des citoyens ne pèse-t-elle pas encore suffisamment pour que soit perçue l’incapacité conséquente des pouvoirs publics à répondre à leurs obligations vis-à-vis des citoyens burundais ?

Ces faits inquiétants auraient dû amener les Chefs d’État et de Gouvernement des États de l’Union Africaine à décider de se mettre en urgence au chevet d’un Burundi qui chaque jour descend aux enfers.  La visite qu’effectueront bientôt les Présidents d’Afrique du Sud, du Gabon, de Mauritanie et du Sénégal ainsi que le Premier ministre de la République Fédérale d’Ethiopie redressera-t-elle la barre et redorer ainsi le blason d’une Union Africaine vraisemblablement désarmée face à la crise burundaise ? Les propos du ministre gabonais des affaires étrangères sur Radio France Internationale le 8 février 2016 indiquent l’objectif sur lequel se focaliseront ces Chefs d’État et de Gouvernement : amener les autorités du Burundi à accepter des négociations inclusives pour trouver une solution politique à la crise que traverse le Burundi depuis bientôt une année.

Réussiront-ils ce pari ? Ils en ont l’obligation. Sinon le Burundi continuera à s’enfoncer dans la crise et nécessitera demain une cure de cheval que la Communauté de l’Afrique de l’Est, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’Organisation des Nations Unies seront dans l’obligation de lui administrer sans demander l’aval du pouvoir de Bujumbura. Cette fois-là, ils n’hésiteront même plus à le rendre directement responsable de la détérioration de la situation. Mais ce sera à quel prix ! 

boutton cliquer ici  pour lire l'intégralité de la réfléxion de Sylvestre Ntibantunganya

 

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