Réformer l'Etat du Burundi

La consolidation de la démocratie au Burundi doit également se faire à travers une profonde réforme des structures étatiques et administratives du pays. "Gira Ijambo" s'inscrit dans cette logique et amène pas mal de réformes pour l'intérêt des burundais.

Pour commencer, l’expérience vient de nous prouver que le Burundi a besoin d’un pouvoir exécutif davantage responsable devant l’Assemblée Nationale et composé de manière à atteindre progressivement la parité hommes-femmes ; pour cela, le poste de Premier Ministre, Chef du Gouvernement et interlocuteur direct de l’Assemblée Nationale devrait être restauré.

Autour du Président de la République, le Premier ministre et les vice-premiers ministres constitueraient notamment un Conseil Restreint de l’Exécutif (CRE). Leur nomination se ferait conformément à la composition politique de l’Assemblée Nationale et respecterait les équilibres ethniques et de genre. Sur les trois vice-premiers ministres, au moins un devrait être une femme. Le nombre de ministres ne devrait pas dépasser 20, et au moins 40% des membres du Gouvernement seraient des femmes.

Le Burundi a ensuite besoin d’une administration du territoire spatialement concentrée et opérationnellement décentralisée, pour en faire réellement un outil au service de la population.

Il faudrait notamment le remplacement de l’échelon territorial « province » par une nouvelle entité qui serait dénommée « Région ». Les provinces actuellement en place devraient ainsi être fusionnées de manière à former ces « Régions » dont le nombre n’excèderait pas le 1/3 des actuelles provinces. Bien entendu, des nouveaux pouvoirs régionaux comprenant notamment des gouverneurs-ministres élu par les conseillers communaux de la circonscription, ainsi qu’un exécutif régional chargé d’appuyer les communes qui composent la Région dans la réalisation des programmes de développement économiques et social verraient le jour.

Les communes devraient être réorganisées pour être davantage viables. Celles qui partagent des caractéristiques géographiques, historiques, des potentialités économiques et des réalités sociales et professionnelles seront fusionnées en vue d’en faire des moteurs du développement économique et social.

Enfin, les collines de recensement/villages ou imitumba et les quartiers dans les villes et centres urbains seraient des entités administratives de base dotées des compétences qui incombaient jusqu’à maintenant aux communes classiques.